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 [Conte] Le Magicien Djédi.

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MessageSujet: [Conte] Le Magicien Djédi.   [Conte] Le Magicien Djédi. Icon_minitimeDim 15 Juil 2012, 18:40

Le Magicien Djédi


Un jour de tristesse, le pharaon Khéops, fils de Snéfrou, parcourut à son tour toutes les pièces de son immense palais. Il s'ennuyait et cherchait un amusement original, un divertissement nouveau, un petit quelque chose de drôle, mais il ne trouvait rien. Il décida donc de convoquer ses ministres et tous ses enfants dans la Salle du Trône aux belles colonnes.
– Parmi vous, qui pourrait me distraire ? demanda le roi dès leur arrivée. J'aimerais entendre une histoire merveilleuse.
- Mon père
, répondit le prince Dédéfor, avez-vous déjà écouté les récits des prodiges des temps passés ?
- Les avez-vous aimés ?
- Bien sûr.
- Cependant, Majesté, vous savez comme il est difficile de discerner la vérité du mensonge dans ces vieilles histoires-là. Est-ce vrai ? Est-ce faux ? Cela se passa-t-il exactement comme on nous le raconte ? Le mystère reste entier. Ne serait-il pas plus simple de voir un vrai prodige se dérouler sous nos yeux ?
- Bien entendu !
approuva Pharaon.
- Mon père, savez-vous que le plus habile de tous les magiciens vit en votre royaume ?
poursuivit Dédéfor en baissant la voix. Vous ne le connaissez pas et, pourtant, je pense qu'il saurait vous distraire.
- De qui s'agit-il, mon fils ? Dis-moi vite quel est son nom.
- Il s'appelle Djédi le Sage, le Juste de Voix. Ce vieux âgé de cent dix ans habite la ville de Djedsnéfrou. Là-bas, il mange chaque jour cinq cents pains, une énorme épaule de bœuf et ne boit pas moins de cent jarres de bière. Mais surtout, on dit qu'il sait remettre en place... une tête coupée et qu'il sait faire marcher derrière lui... un lion dont la laisse... traîne par terre !
- Incroyable ! Dédéfor, va me chercher cet homme,
décida le roi. Pars le plus vite possible. Dès aujourd'hui si tu le peux. Ne perds pas de temps.

Aussitôt, des bateaux aux rames d'ébène et d'or furent préparés pour le voyage du prince. Les meilleurs marins y embarquèrent.
Quand tout fut prêt, Dédéfor monta à bord. Enchanté du voyage, il s'assit confortablement, à l'abri du soleil, sous l'auvent dressé au milieu du pont. Par chance, le vent du nord se leva au même moment. Alors, toutes voiles dehors, les navires royaux remontèrent le Nil jusqu'à la ville de Djedsnéfrou.

Quelques temps après, ils accostèrent sur la rive proche de cette ville. Le prince débarqua. Sans perdre un instant, car il savait à quel point son père était impatient, il s'assit sur sa chaise à porteurs en bois d’ébène et de tamaris, plaquée d'or par endroits.
Au signal, ses hommes soulevèrent ce lourd fardeau et se mirent en marche. Ils avançaient d'un même pas sur les chemins poussiéreux tandis que de jeunes serviteurs les accompagnaient. L'un agitait un gigantesque éventail en plumes d'autruche, l'autre brandissait un parasol, le troisième portait ses sandales et le quatrième une jarre d'eau fraîche.
Tout trottinant, le cortège traversa la campagne. Doucement ballotté, le prince rêvait, admirait le paysage. Au loin, des paysans arrachaient des mauvaises herbes, une fillette bousculait un âne récalcitrant, une femme emplissait d'eau sa jarre dans un canal, des oies criaillaient en se dandinant sous un palmier...

Après un agréable trajet à travers champs, Dédéfor parvint enfin dans la belle ville de Djedsnéfrou. Il chercha la maison du célèbre magicien et la trouva. Dès son arrivée, il descendit de sa chaise à porteurs, défroissa son long pagne plissé, fit quelques pas pour se dégourdir les jambes et s'en alla saluer Djédi.
Le Prince découvrit presque aussitôt le magicien couché sur une natte de roseaux, au seuil de sa maison. Les yeux clos, le vieil homme se reposait. Deux serviteurs s'affairaient autour de lui. L'un d'eux lui tenait la tête tout en l'enduisant délicatement de pommade, tandis que l'autre, agenouillé à ses pieds, le massait doucement.
- Sois en paix, Djédi ! Sois en paix ! Tu as l'apparence d'un homme encore jeune,
s'émerveilla le prince. Malgré ton grand âge, la vieillesse et la mort semblent loin de toi. Tu dois dormir jusqu'à l'aube sans douleurs ni quinte de toux. Tu sembles si jeune...
En entendant cette voix inconnue, le magicien s'assit sur sa natte. Il ne semblait pas étonné de recevoir un si noble visiteur et s'amusait de la surprise du prince devant sa bonne santé. Il lui sourit.
- Je suis venu te chercher,
continua Dédéfor, car mon père, le roi Khéops, t'invite au palais. Près de lui, tu dégusteras ces boissons exquises que seul Pharaon peut offrir. Tu te régaleras de ces nourritures rares réservées à ceux qui le servent bien.
- Sois en paix ! Prince Dédéfor, fils royal aimé de son père. Sois en paix ! Si Pharaon m'appelle, j'arrive. Vois, je suis déjà prêt à te suivre.

Le prince lui tendit les mains et l'aida à se relever.
- Une simple question,
ajouta le vieux magicien. L'un de tes navires peut-il transporter mes enfants, mes serviteurs et mes livres que je ne veux pas laisser à Djedsnéfrou ?
- Noble Djédi, si tu le désires, tu disposeras de deux bateaux avec leur équipages,
promit le prince.

Dès que les préparatifs furent terminés, Dédésfor, Djédi, ses enfants et ses serviteurs, partirent vers les navires aux rames d'ébène et d'or qui les attendaient au bord du Nil.
Commencé en chaises à porteurs, leur voyage continua en bateau. Ils descendirent le Nil jusqu'au palais de Pharaon profitant du courant qui les portait et d'un agréable vent du sud.

Dès son arrivée, Djédi fut introduit dans la Salle du Trône aux belles colonnes. Le Prince Dédéfor le présenta à Pharaon son père. Comme le veut la coutume, le vieux magicien se prosterna devant Pharaon. Son front toucha le sol. Il attendit sans bouger.
- Comme se fait-il que je ne t'aie jamais vu avant ce jour ?
interrogea le roi. Pourquoi m'as-tu privé de ce plaisir ?
- Celui qu'on appelle vient,
répondit Djédi toujours prosterné à ses pieds. Vous m'avez appelé et me voici devant vous, ô noble Pharaon.
- Fort bien... Relève-toi et dis-moi maintenant, est-ce vrai ce qu'on raconte à ton sujet : sais-tu vraiment remettre en place une tête coupée ?
- Oui, Majesté, je sais faire cela.
- Incroyable. Je veux voir de mes propres yeux un tel prodige ! Gardes ! Qu'on amène au plus vite le prisonnier qui vient d'être exécuté,
ordonna Khéops à ses serviteurs.
- Non ! Pharaon mon maître. Non, pas un homme !
prosterna vivement le magicien. Il est absolument interdit de faire une chose pareille sur un être humain.
Sans se mettre en colère, Pharaon écouta Djédi, le Juste de Voix, qui osait le contrarier, qui s'opposait à un ordre royal. Allait-il punir comme il le devait ce rebelle ?
Le Prince Dédéfor ne disait rien car il connaissait et craignait son père.
- Les dieux donnèrent aux Égyptiens les Paroles divines, les mots pour dire ce qui doit être dit et écrit,
continua courageusement le magicien. La justice des dieux et du roi punit les hommes, tous les hommes, s'ils agissent mal, ce qui est sage. Cependant elle ne permet pas de jouer avec leur vie. Voilà pourquoi il m'est impossible de distraire Sa Majesté en utilisant ma magie sur un condamné à mort.
Pharaon garda le silence un long moment. En y réfléchissant bien, il approuva et admira sa sagesse. Il fit donc, non ce qu'il avait décidé, mais ce que le vieillard voulait.
- Il serait préférable que l'on apporte une oie,
conclue Djédi.
- Gardes ! Qu'on amène au plus vite une oie qui vient d'avoir la tête tranchée,
ordonna Khéops.

Obéissant aux ordres royaux, quelques minutes plus tard, un serviteur plaça le corps d'une oie du côté ouest de la Salle du Trône aux belles colonnes, et sa tête à l'est de la salle.
Dévorés de curiosité, Khéops et Dédéfor attendaient avec impatience l'intervention du magicien. Ils n'attendèrent pas longtemps. Djédi regarda l'oiseau décapité, murmura quelques formules magiques et, aussitôt, le corps de l'oie se redressa, avança en se dandinant vers sa tête qui bougeait elle aussi. Quand le corps eut rejoint la tête, l'oie trottina, s'agita et criailla. Elle vivait !

Impressionnés à la vue d'un tel prodige, Khéops et Dédéfor demandèrent à Djédi s'il pouvait agir de même avec un plus gros animal.
- Ô Pharaon, mon maître, c'est aussi simple pour un bœuf que pour un oiseau.
- Fort bien. Gardes ! Que l'on apporte au plus vite un bœuf décapité,
ordonna Khéops.

Quelques instants plus tard, trois serviteurs apportèrent un bœuf dans la Salle du Trône aux belles colonnes. Ils venaient tout juste de lui trancher la tête. Ils placèrent le corps du bœuf du côté ouest de la Salle, et sa tête à l'est.
Enthousiasmés par une telle aventure, Khéops et Dédéfor attendaient avec impatience l'intervention du magicien. Ils ne patientèrent pas longtemps. Djédi regarda l'animal décapité, murmura quelques formules magiques et, aussitôt, le corps du bœuf se leva avec lenteur, avança en trébuchant vers sa tête qui bougeait elle aussi. Quand le corps eut rejoint la tête, le bœuf se dressa sur ses pattes, beugla et vint se placer derrière Djédi laissant traîner sa laisse à terre. Il vivait !
Le Roi, qui ne s'ennuyait plus du tout, et son fils furent émerveillés de voir ces prodiges. Grâce à quelques formules magiques, Djédi le Sage, le Juste de voix, le meilleur magicien du royaume d'Égypte, venait de rendre la vie à une oie qui avait la tête tranchée, puis à un bœuf qui avait aussi la tête coupée. Les animaux se tenaient maintenant devant eux, bien vivants tous les deux.
Bouleversé par ce qu'il venait de voir, ayant compris qu’il ne pouvait traiter les hommes comme les animaux, Pharaon se leva. Il s'approcha du vieux magicien et le prit dans ses bras.
- Que Djédi le Sage entre et vive désormais dans le palais de mon fils Dédéfor,
déclara-t-il. Qu'il habite avec lui et qu'on le nourrisse. Je veux qu'il reçoive, chaque jour, mille pains, cent jarres de bière, un bœuf et cent bottes de légumes !
Et l'on fit, comme toujours, ce que Pharaon avait ordonné.


Sources :


Connus par le papyrus Westcar, ce conte date de la fin de l'époque des Hyksos (vers 1600 av. J.C.), mais l'original peut avoir été écrit avant la XIIe dynastie (avant 1800 av. J.C.).

Le premier magicien mentionné dans les écrits est égyptien (Papyrus Westcar, conservé au musée d'art égyptien de Berlin-Charlottenburg - Ägyptisches Museum und Papyrussammlung), il s'appelait Djédi (ou Dédi) de Dedsnefru (ou Meïdoum).
Il était magicien de la Cour du Pharaon Kheops et a vécu environ en 2700 J.C. (il décapitait une oie, un canard et un bœuf et… leur rendait leurs têtes).
Djédefhor, au lieu d'inventer une histoire, fait venir le prestidigitateur et prophète Djédi. Ce dernier, après avoir exécuté quelques tours de magie, annonce à Khéops l'avènement des trois premiers rois de la future Ve dynastie. Un passage du papyrus décrit l'accomplissement de cette prédiction : la femme d'un prêtre d'Héliopolis, Redjédet, reçoit la visite du dieu Rê dont elle a trois fils qui deviennent les trois premiers souverains de cette Ve dynastie; pour l'aider à accoucher, Rê lui a envoyé les déesses Isis, Nephtys, Meskhenet et Héqet, accompagnées de Khnoum. À la fin de ce récit, le manuscrit s'arrête brusquement.
Il s'agit du plus ancien document découvert décrivant un spectacle de magie.


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